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Et voilà, nous y sommes. Depuis le temps que je me dis qu'il faudrait que je regarde les épisodes classiques de Doctor Who, enfin je m'y mets. Et comme je ne supporte pas de regarder quelque chose sans donner mon avis ronchon, vous avez la (mal)chance de pouvoir vous délecter de cet avis. Ok, délecter, c'est un bien grand mot, disons que vous pourrez le lire, c'est déjà bien. Un peu de backstory et de recontextualisation, vous voulez bien ?

Alors d'une, je ne sais presque rien de la série classique de Doctor Who. J'ai regardé la nouvelle série, adoré beaucoup d'épisodes (détesté beaucoup aussi) et je me suis dit que ce serait rendre hommage à cette série que de découvrir d'où elle vient, ses origines et puis reconnaissons-le, dans Doctor Who, le plus intéressant, ce n'est pas le Docteur, c'est le voyage, les voyageurs et l'impact du voyage sur les voyageurs. Mais comme beaucoup, je me suis dit "Cette série compte quand même 26 saisons, scrogneugneu (oui, je ronchonne même dans ma tête), dois-je toute me la farcir ? Je pourrais me contenter de chercher les épisodes les plus icôniques, ça suffira pour m'en faire un avis" "Minute, sale con, m'invective l'autre voix dans ma tête. Si tu vas directement voir certains épisodes, tu n'auras pas le contexte. Déjà que t'es assez con pour regarder une série vieille de 50 ans et de donner ton avis de petit merdeux pourri aux effets spéciaux sans biter une seconde le contexte historique, donne toi au moins la peine de connaître le contexte chronologique de la série" "Mais ça va être chiant, geint la première voix" "C'est toi qu'es chiant".

Bref, le dialogue n'en finissant plus, j'ai décidé de faire appel à vous, mes amis du net, pour me conseiller. Et la plupart des avis reçus m'ont effectivement conseillé d'aller à l'essentiel car toute la série n'est pas un chef d'oeuvre. J'ai donc décidé de ne pas vous écouter parce que... parce que je fais tout le temps ça, ne pas écouter les conseils qu'on me donne. Et me voilà donc parti pour des heures et des heures d'aventures dans le temps et l'espace. Ca va être long, ça va sûrement être parfois pénible mais au moins, quand ça sera génial, je l'apprécierai dans toute son ampleur.

C'est dans cet état d'esprit et avec la ferme conviction que ça allait être chiant que je me suis lancé dans le visionnage de Doctor Who, an Unearthly Child (un enfant surnaturel), le tout premier épisode de la toute première saison de la toute première série.

 

Alors ce bouton... euh...

C'est parti Docteur, emmenez-moi n'importe où 
dans le temps et l'espace... de 1963

 

Et bien la première partie de l'épisode (à l'époque, les épisodes étaient composés de plusieurs parties de 20 minutes) est bizarrement plaisante. Les personnages humains, Ian et Barbara sont délicieusement humains (ils refusent de croire le Docteur, s'inquiètent de choses tout à fait normales genre qu'il arrive un problème à l'une de leurs élèves, c'est bête mais être un peu terre à terre, c'est indispensable pour... ben pour pouvoir décoller). La jeune Susan Foreman est adorable et semble perdue entre les époques et celui qui nous est présenté comme son grand-père, le Docteur, est... insupportable. Mais c'est bien, insupportable, il déclenche une réaction émotionnelle chez le spectateur. En l'occurrence, il déclenche ma réaction émotionnelle d'avoir envie de lui mettre une tarte. Ce qui est positif.

 

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"Vous-êtes vous demandé ce que cela faisait d'être un vagabond dans
la quatrième dimension ? D'être exilés... Susan et moi sommes
séparés de notre propre planète, sans ami, sans protection. Mais
un jour, nous reviendrons. Oui. Un jour.. un jour..."

 

Le Docteur méprise les humains, en particulier ceux du XXème siècle, il les méprise parce qu'ils sont longs à la détente mais en fait, Ian a une détente somme toute, assez normale. Si le TARDIS est plus grand à l'intérieur, c'est que j'ai mal regardé l'extérieur, c'tout. Et c'est sans doute ce que ferait n'importe lequel d'entre nous. Enfin non, si on tombait sur une cabine de police plus grande à l'intérieur, on se dirait tous "ENFIN !!!" mais mettons que si vous mettiez un pantalon de votre taille et qu'une fois à l'intérieur, vous flottez dedans, vous allez vous dire que le couturier taille large ou que vous avez perdu, pas que c'est un pantalon magique. Bref, j'aime les relations naturelles entre les personnages. Nous avons Ian, cartésien face à l'impossible, Barbara, suspicieuse mais moins bornée, Susan, trop jeune pour comprendre pourquoi ses professeurs refusent de reconnaître l'évidence sous leur nez et le Docteur, qu'en a plein le cul de devoir expliquer à des imbéciles (pour lui) suspicieux des choses qu'ils ne sont même pas prêts à entendre de toute manière.

Mais pour le prouver, le Docteur décolle et atterrit durant la préhistoire, à l'origine du feu. Il semble presque logique qu'une série de science fiction nous amène là où toute technologie commence. 

 

Ca marche po...

"Où est le feu que fait Za ?"

 

Les trois autres parties sont malheureusement beaucoup moins passionnantes. Le Docteur se fait assomer par Kal, un homme des cavernes en plein débat politique cénozoïque pour savoir qui sera le chef entre lui et Za. Za est le fils du faiseur de feu et donc, le chef par intérim et Kal était le chef dans son ancienne tribu. Je me demandais pourquoi je trouvais leurs échanges chiants et je suis arrivé à une réponse : en vingt minutes d'épisode, les mots Kal et Za sont prononcés 19 fois chacun. C'est déjà énorme. Le mot "feu" est prononcé 56 fois, presque une fois toutes les 20 secondes. Donc ouais, les dialogues ont eu tendance à tourner un peu en rond.

Kal assome donc le Docteur parce qu'il l'a vu utiliser une allumette pour allumer sa pipe. Persuadé que le Docteur a le secret du feu et qu'il pourra donc l'utiliser pour devenir le chef de la tribu, il l'emmène dans la grotte. Ian, Barbara et Susan vont le chercher et se font capturer (FAIL). Le Docteur marchande l'apprentissage du feu contre la vie de Ian. Mais la vieille du village, qui veut pas qu'on fasse du feu parce que la nouveauté fait peur aux vieux, grande constante de l'univers (et faut pas oublier qu'on est en 1963, les vieux détestaient les Beatles à cette époque), la vieille du village donc les aide à s'échapper. Za part à leur poursuite mais se fait attaquer par une bête (FAIL). Notre joyeuse équipe vient pour le soigner... avec... avec de l'eau... heureusement que le Docteur nous précise qu'il n'est pas docteur en médecine.

Ils revienennt au TARDIS et surprise, des hommes des cavernes les y attendent. En effet, Kal a vu qu'ils s'étaient barrés et a donc tué la vieille dame qui les a aidé et leur a tendu un piège. Ils les ramènent donc à leur grotte. A ce stade, je me demande assez pourquoi ils sont encore en vie. C'est vrai, les hommes des cavernes ont l'air très cons et en constatant que le Docteur était infoutu de faire du feu, ils auraient dû lui exploser la gueule. Ca aurait été le développement logique... mais la série aurait été courte.

Pas un geste ou je tire !

Agrougrou

 

Kal accuse Za du meurtre de la vieille dame mais le Docteur prouve à la tribu que Kal est responsable du meurtre : il n'y a pas de sang sur l'arme de Za, il y en a sur celle de Kal... bon, ça vaut pas Bones. Bref, Za exclue Kal de la tribu et garde les voyageurs du temps prisonniers, ils arrivent à faire du feu et du coup Za veut les retenir. Ian tente d'enseigner la démocratie à Za mais il y arrive pas trop. Je vais pas m'étendre là-dessus, d'une part parce que l'intrigue ne s'étend pas là dessus et d'autre part parce que je vois vraiment pas pourquoi ils sont allés vers là. Les hommes des cavernes sont présentés depuis le début de l'épisode comme des bêtes craintives, agressives et supersticieuses, tenter d'introduire de la politique là-dedans, je vois pas pourquoi Ian a essayé et je vois pas pourquoi les scénaristes ont essayé.

Grâce à un stratégème, les voyageurs du temps parviennent à s'échapper, ils retournent au TARDIS et décolle en précipitation. Fait rigolo : le Docteur reconnaît ne pas être capable de piloter le TARDIS, comme quoi c'est vrai depuis le début. Ils atterrissent donc dans un espace/temps inconnu. Mais dehors, le taux de radiation est trop élevé, SUSPENS !!! Et l'épisode se termine là-dessus.

 

C'est pas bon signe

Omagad ! Tellement de radiations ! Ok, toutes les
images méritent peut-être pas de legende.

 

Alors qu'en ai-je pensé de ce premier épisode ? Et bien il ne m'a pas spécialement surpris, il a été ce que je m'attendais qu'il soit. D'un point de vue technique, ça a très mal vieilli. Tu peux faire ou dire ce que tu veux, certains passages sont hilarants de ridicule (la course-poursuite dans la forêt de la dernière partie, mon dieu...), les déguisements des hommes des cavernes ne sont pas crédibles et les dialogues sont d'une lenteur à faire peur. Evidemment, le découpage aussi est daté. Mais je retrouve ce que j'ai ressenti en visionnant les premiers épisodes de la saison 1 de la série de 2005 : certes, c'est cheap, c'est laid, c'est assez ridicule... mais je veux savoir la suite, je veux continuer à voyager.

Doctor Who est une série étrange qui parle au coeur plus qu'à la raison. Je me suis ennuyé en regardant cet épisode, je m'ennuierai probablement en regardant le prochain mais j'ai très envie de le regarder. Alors essayons de mettre un peu de raison là dedans, pourquoi vouloir regarder la suite ?

D'une part, les personnages sont intéressants. Enfin pas intéressants intéressants mais crédibles intéressants. J'ai très envie de savoir comment leurs relations vont évoluer. Pour l'instant, Ian et Barbara sont les prisonniers involontaire du Docteur (involontaire de leurs parts à tous les trois d'ailleurs). Je sens que Susan va pas être un personnage passionnant mais un personnage qui se définit comme la petite-fille du Docteur, en sachant ce que je sais de la vie du Seigneur du temps, j'ai envie de connaître son histoire à elle aussi. j'ai envie de savoir où on se trouve dans l'espace et le temps et où on va aller, qui on va rencontrer. Bon, Kal, Za et tous les autres avaient autant de personnalité qu'un Pringles mais c'est pas pour ça que ça sera encore le cas plus tard.

Non, sérieusement, vivement la suite. L'épisode "The Daleks" (ah, j'ai une érection) dure 7 parties donc 140 minutes... étant donné la lenteur du truc, ça va sûrement être un peu douloureux mais je vous ferai part de mes impressions ^^

 

Oh, avant que j'oublie, je regarde les épisodes en VOSTFR à partir de ce très bon blog : http://doctorwhoclassicfr.hautetfort.com/