Avis

C'est avec ces avis en tête que je m'apprêtais à regarder Listen, le quatrième épisode de la saison 8 de ce qui fut jadis ma série préférée. Il faudra que je pense à écrire des critiques des premiers épisodes histoire de mettre en valeur les qualités de Doctor Who, ça se fera plus tard, là je vais profiter d'avoir l'épisode en tête pour en parler.

Avant toute chose, je pense qu'il est important que je précise que Steven Moffat, le superviseur de Doctor Who depuis la saison 5 et scénariste de beaucoup d'épisodes est le scénariste de la plupart de mes épisodes favoris de la série : les Anges Pleureurs (oui, les noms français sont moins classes que les noms anglais mais j'essaie de résister), la Cheminée des Temps, Drôle de mort et le Docteur danse, la Bibliothèque des Ombres, l'Impossible Astronaute et le Fantôme des Noëls passés font partie des excellents épisodes de la nouvelle série (oui, soyons clairs à ce sujet aussi, je n'ai jamais vu les classiques).

Mais il est aussi responsable, bizarrement, de tout ce qui fait que je m'éloigne petit à petit de la série. Je n'ai pas un avis très original concernant Moffat et je lui reproche ce que beaucoup de gens lui reprochent et... et ce que je lui reproche encore dans Listen. 

 

01
A qui parle-t-on quand on parle tout seul ?

L'épisode s'ouvre sur une question à la fois banale et originale : pourquoi parle-t-on seul sinon... parce qu'on n'est pas seul ? Ce postulat de base me laisse espérer le retour du Silence, l'organisation supposée vouloir tuer le Docteur dont l'armée est constituée de créatures dont on oublie l'existence quand on ne les regarde plus (au passage : idée de génie). Je n'ai jamais été convaincu par la fin du Silence et j'espérais les retrouver pour pouvoir enfin leur dire au revoir comme il se doit mais les avis sur ma page Facebook ne semblait pas aller dans ce sens. Et j'étais loin, tellement loin de la vérité, bref, je me disais que cet épisode allait me réconcilier avec Doctor Who. Ca ressemblait beaucoup à un épisode type Moffat genre les Anges Pleureurs ou l'Impossible Astronaute... et franchement, pourquoi pas ? Après la déception de Robot of Sherwood, un bon épisode bateau aurait déjà été un mieux.

Générique et on retrouve Clara à... un rendez-vous galant. Bon. A priori, aucune raison de bouder. Pour comprendre pourquoi cette situation m'agace, il faut avoir quelques autres données : Clara est un personnage qui m'insupporte pour plusieurs raisons. Chez tous les compagnons de Doctor Who, on retrouve un trait appréciable : le fait que ce compagnon soit arraché à un quotidien banal de terrien pour partir vers de folles aventures avec un extraterrestre dans une boîte... (ça paraissait plus sensé dans ma tête). Clara n'a strictement aucun quotidien. Elle n'a pas de racine, pas de famille, pas d'amis (ok, elle en a, on les voit deux ou trois fois mais par rapport aux parents de Rose, à ceux de Martha et à la famille de Donna, reconnaissez qu'elle ne tient pas la comparaison). 

Clara n'existe que pour elle-même... ce qui pourrait ne pas poser problème si elle avait un vrai tempérament ou une relation originale avec le Docteur. Alors certes, elle a un fort caractère, elle est émancipée et Jenna Coleman est ce que Dieu a créé de plus parfait depuis le chocolat et les aurores boréales mais le personnage a la profondeur d'une crêpe. Et le plus déprimant, c'est que Moffat affirme en avoir fait une héroïne, le vrai personnage central de cette huitième saison. Apparemment, il n'a pas l'air au courant qu'une femme peut avoir d'autres envies que se faire désirer. Dans le premier épisode de la saison 8, elle est triste parce que le Docteur n'est plus son "boyfriend" (c'est lui-même qui se définit comme ça) mais elle décide qu'elle n'a pas besoin de ça pour l'accompagner. Et j'avoue m'être dit "Oh, youpi (je suis très enthousiaste quand je me dis des choses), enfin Clara se définira autrement que par la séduction et des deus ex machina vaseux genre "Elle a déjà sauvé le Docteur des centaines de fois"". Deuxième épisode : elle rencontre un gars "Et merde...". Troisième épisode : elle fait la belle pour Robin des bois "Et re-merde". Quatrième épisode : rendez-vous galant "Et va te faire foutre"

Donc nous avons Clara en plein rendez-vous galant avec le soldat qui pleure parce qu'il a tué (je pense que cette périphrase vous donne mon avis sur le personnage mais dans le doute : il me gave). Elle fait une blague, ça se passe mal parce que l'autre gars est un abruti (quand ton rencard ressemble à Jenna Coleman, tu fermes ta gueule et tu ris à ses blagues et BREF) et le Docteur vient pour nous ramener vers l'intrigue qui semblait intéressante (merci Docteur, c'est nous que tu sauves). 

Il lui parle d'un rêve qu'on a tous fait. On se lève et une main nous empoigne le mollet de sous le lit... mouais, on partait d'un truc intéressant et là, le scénario semble suivre une toute autre direction. Là-dessus, Clara met ses mains dans des espèces de vagins magiques du TARDIS pour pouvoir être relié télépathiquement à la machine pour aller au moment où elle a fait ce rêve sauf que c'est le moment où Pink la rappelle pour s'excuser d'être triste d'avoir été soldat et du coup, ça perturbe la pensée de Clara et ils se retrouvent le soir où Pink a fait ce cauchemar.

02
T'es pas pressé de grandir, petit, je te le garantis...

L'échange entre le gardien de l'orphelinat et le Docteur est assez amusant. Le gardien reconnaît avoir peur et en réalité, on se rend compte qu'il n'y a rien d'effrayant, juste le Docteur qui voulait un café. De son côté, Clara essaie de rassurer le petit Pink en lui prouvant qu'il n'y a rien sous le lit. Elle se place sous le lit et d'un coup, il y a quelque chose sur le lit. Ca y est, l'épisode commence à décevoir : dans l'introduction, on parlait de la créature à la capacité de camouflage la plus perfectionnée. A ce stade de la série, nous avons connu la créature de Midnight qui a gardé tous ses mystères, nous avons le Vashta Nerada qui ne sont que des ombres, nous avons les créatures du Silence qu'on oublie quand on ne les regarde pas et là, pour la créature au camouflage absolument infaillible, nous avons...

03
Camouflage maximum

Autant dire qu'à ce stade de l'épisode, j'espère que ce qu'il y a sous ce drap n'a pas fini de révéler ses secrets... et si c'est vraiment une créature capable de se cacher au mieux, qu'est ce qui a fait qu'elle s'est faite avoir comme ça ? Ne me déçois pas épisode, on m'a dit que tu étais bon, je commence à avoir beaucoup de questions mais aucune réponse... et disons que par habitude, j'ai tendance à me méfier quand j'ai beaucoup de questions et peu de réponses.

Là-dessus, s'ensuit un discours du Docteur expliquant à Pink qu'avoir peur, c'est génial, ça permet d'être plus fort, plus rapide, plus intelligent (comme on l'a déjà vu dans l'épisode Le Complexe Divin, le dernier très bon épisode de Doctor Who selon moi : tant que les gens avaient peur, ils ne risquaient rien de la créature, leur foi les mettait en danger). La tension montre, l'identité de la créature reste secrète, tout le monde a peur, même le Docteur, personne ne veut regarder la bête jusqu'à ce qu'elle parte... ne révélant rien. Re-déception. Une petite voix au fond de moi continue à me dire qu'on aura sûrement des réponses plus tard mais c'est vraiment une toute petite voix, j'ai l'habitude d'être déçu maintenant.

Clara pose des petits soldats sous le lit pour protéger Pink qui découvre qu'il a envie de devenir soldat et Clara se rend compte que c'est à cause d'elle que le Pink de plus tard veut devenr soldat... et c'est merveilleux, un personnage qui n'avait presque aucune profondeur (un soldat devenu instituteur souffrant de ses années dans l'armée) vient d'en perdre encore un peu plus (vous vous posiez pas la question de pourquoi il avait rejoint l'armée ? Ben maintenant, vous savez...). Ca donne envie à Clara de rejoindre le Pink du présent pour repartir d'un bon pied et... et là, c'est lui qui se barre parce qu'il ne "fait pas dans le bizarre" (et ben mon con, t'as dragué la bonne collègue...)

Et là, Clara se rend compte que le Docteur a pêché un descendant de Pink...

04
C'est pas le même personnage, regarde,
j'ai une perruque et un postiche

Bon là, on a atteint un certain niveau dans le foutage de gueule mais je continue de me faire violence : l'épisode commençait bien, on n'est pas à l'abri d'un twist final qui déchire tout. Donc ça, c'est un descendant de Danny Pink, bien, ok, vendu. Orson Pink donc bien, vendu aussi, l'arrière-arrière-arrière-petit-fils de Pink a la même tronche que son arrière-arrière-arrière-grand-père et se trouve face à son arrière-arrière-arrière-grand-mère et ça n'interfère pas sur sa propre existence, D'ACCORD, disons qu'on ne nage pas en plein délire et que tout est logique. Orson Pink fait partie des pionniers du voyage dans le temps et se rend à la fin de l'univers... vous savez, l'endroit où même le TARDIS n'est pas censé aller, et ben lui, il y est allé. Et tout va bien, la dernière fois, dans Utopia, c'était la grosse panique mais là, tout va bien, il est juste allé "un peu loin". Réaction bizarre du Docteur qui croyait être le dernier homme de l'univers... alors que... c'est pas un homme et que... s'il veut être le dernier homme de l'univers, il peut... enfin... ouais, ça, ça n'a aucun sens. Pour changer.

Là-dessus, le Docteur pose une question : pourquoi une porte est verrouillée ? Sa logique : il n'y a plus rien qu'eux trois alors pourquoi avoir une porte verrouillée ? (sous entendu : il y a quelque chose derrière la porte). Hypothèse validée par Pink Jr : l'obscurité n'est pas vide, il a passé 6 mois seul à la fin de l'univers (comment a-t-il survécu ? BIATCH PLZ, n'importe qui peut survivre 6 mois à la fin de l'univers, après tout, il vient de 2114 et en 2114, on sera à la pointe du voyage temporel) et il tremble à l'idée d'y passer une nuit de plus. Pourquoi ? A cause de ce qu'il y a derrière la porte... vous vous rappelez le début de l'épisode ? Oui ? Vous embarassez pas : aucun lien. 

A qui vous parlez quand vous parlez tout seul ? Pourquoi tout le monde fait le cauchemar de la main sous le lit ? J'espère que vous avez aimé vous poser la question, en voici une autre : qu'y a-t-il derrière cette porte qu'on vient de découvrir et qui, de toute évidence, est terrifiante parce que le Colonel Perrukafro en a peur ?

05
Une porte close à la fin de l'univers ? Elle ne cache forcément
rien mais... que cache-t-elle ?.... euh...

Mais évidemment, le Docteur veut savoir ce qu'il y a derrière cette porte même après avoir expliqué qu'il ne pouvait rien y avoir. Il ordonne à Clara de retourner dans le TARDIS et malgré le fait qu'elle ne veuille pas y retourner... elle y retourne (une héroïne, vous savez...)

La porte s'ouvre et derrière... rien. Question légitime de Clara : de quoi avais-tu peur Orson Pink ? Réponse de l'intéressé : ma propre ombre probablement. Gobe mes noix. MAIS ATTENTION ! La cloche de danger du TARDIS retentit ! (what... the... bon, ben, ok...) et Clara remet ses mains dans les vagins magiques du TARDIS (on pensait que c'était compliqué à naviguer, penses-tu, il suffit de laisser une empreinte dans les vagins magiques et de plonger les mains dedans quand c'est la merde). Ils arrivent quelque part... et là, j''aime autant vous dire que je n'attends plus rien. J'ai compris.

Peu importe où a atterri le TARDIS, plus rien n'est logique, plus rien n'est sensé, plus rien n'est expliqué, Il n'y aura aucune réponse. Et pas le "aucune réponse" sympa genre "Qui était la créature de Midnight ? On ne saura jamais parce qu'il a fallu la tuer avant qu'elle ne tue le Docteur" ou "Quels sont les derniers mots du Docteur à Rose Tyler ? On ne saura jamais parce que c'est leur histoire", non, là, on saura jamais parce que... parce que. Alors quelle est la conclusion qui se veut profonde et pleine d'intensité de cet épisode sans queue ni tête ?

L'enfance du Docteur... alors c'est mignon mais... mais ça n'a rien à voir avec quoi que ce soit. Je veux dire, Clara a choppé le mollet du Docteur quand il était jeune en lui faisant croire que c'était un cauchemar mais... pourquoi tout le monde fait ce cauchemar ? Et quel est le rapport avec les créatures présentes quand on parle tout seul ? L'idée, c'est qu'elles n'existent pas ? Que comme le Docteur qui avait peur du noir étant môme, nous avons peur de choses qui n'existent pas mais c'est bien, la peur nous aide ? Tout ça... pour ça ? Vraiment ?

Ah oui et le coup de la grange, encore une réponse à une question qu'on ne se posait pas... et pourquoi pas une réponse à une question qu'on se pose ? Genre : il y avait quoi sur le lit ? A qui parle-t-on quand on parle seul ? Si la réponse est rien et que la morale, c'est qu'avoir peur de rien est un super-pouvoir, clairement, j'avais pas besoin d'un épisode de Doctor Who pour ça. Personnellement, je regarde un épisode de Doctor Who pour qu'il me dise de quoi j'avais peur sous le lit quand j'étais jeune, pas pour me dire qu'il n'y avait rien sous le lit. Ca, je le sais.

J'aime quand un épisode de Doctor Who me dit qu'il y a des piranhas dans l'ombre, que les statues deviennent vivantes quand on ne les regarde plus, qu'il y a des créatures reptiliennes qui peuplent la terre depuis plus longtemps que nous... je m'en fous que Clara ait été là pour guider le petit Docteur dans son enfance parce que le Docteur n'a aucune profondeur et Clara non plus. Et parce que c'est la conclusion d'un épisode totalement creux. Moffat nous a déjà fait le coup plusieurs fois pourtant :

Si l'horloge est cassée, d'où vient ce tic-tac ?

Si les Aplans avaient deux têtes, pourquoi les statues n'en ont qu'une ?

Si vous venez de dire qu'il restait cinq personnes vivantes dans cette pièce, pourquoi sommes-nous six ?

Je n'essaie pas de dire les choses de façon théâtrale mais clairement, Doctor Who me manque. Vivement que la série reprenne. Parce que pour l'instant, je ne retrouve rien de la série que j'ai adorée. Mais je garde espoir ! Moffat est incapable d'écrire des scénarios valables dans la durée et les scénarios de Gatiss me font l'effet d'un coup de latte dans les joyeuses mais hey, y en a d'autres des scénaristes \o/ Bon, le prochain, Time Heist a été écrit par Stephen Thomson qui a écrit "Voyage au centre du TARDIS" et j'ai détesté cet épisode. Celui d'après, the Caretaker a été écrit par Gareth Roberts qui a écrit le Colocataire, la Tournée d'Adieu, Agatha Christie mène l'enquête et Peines d'amour gagnées... les deux derniers étaient pas mauvais. Et les autres sont écrits par Moffat ou des nouveaux venus... je vous donnerai mon avis. Et j'espère vous dire que j'ai adoré un épisode.